Énergie et changement climatique : quels rôles pour les jeunes, les femmes et la diaspora ?

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Énergie et changement climatique : quels rôles pour les jeunes, les femmes et la diaspora ?

 

Le 26 mai 2016

Alliance Française de Lusaka (Zambie)

Résumé

 

Le 26 mai 2016 à Lusaka, CHERPAA a organisé, en marge des assemblées générales de la BAD, un colloque d’une journée sur le thème « Énergie et changement climatique: quel rôle pour la jeunesse, les femmes et la diaspora? ».

 

Cette rencontre visait à encourager le débat entre Africains et avec les amis de l’Afrique sur la question du changement climatique et du développement, à promouvoir l’emploi des jeunes en Afrique à travers l’économie verte et plus généralement à préparer la COP 22 prévue en Afrique. Ce colloque permettait également de promouvoir les échanges entre entreprises africaines et étrangères dans le domaine des énergies renouvelables.

En ce qui concerne la diaspora, CHERPAA en a profiter pour approfondir sa recommandation concernant la mise en place à long terme d’une banque d’investissement de la diaspora et établissement d’un comité de pilotage à moyen terme (recommandation n°16 issue des actes du colloque de CHERPAA des 2-3 octobre 2015 à l’Assemblée nationale à Paris).

Cette rencontre a conduit à une série de recommandations transmises aux policy makers.

Présentation et objectifs de la rencontre

En 2016, la Banque Africaine de Développement a décidé de consacrer ses assemblées générales à la question de « l’énergie et le changement climatique », en lien avec la COP 22 qui doit se tenir à Marrakech en novembre 2016. Le problème de l’électrification du continent se trouve en tête des priorités de la BAD.

 

En tant que groupe de réflexion afro-européen, CHERPAA a dédié sa conférence annuelle de 2015 à la question du changement climatique et du développement : les débats y furent nombreux, et les discussions ont permis d’établir quelques recommandations. CHERPAA considère qu’il n’y aura d’efficacité dans l’action que si les Africains, en Afrique ou ailleurs, s’emparent de ces sujets et décident d’agir.

 

Une priorité donnée par CHERPAA à la jeunesse et aux femmes face au défi climatique à travers cette conférence de Lusaka. En effet, la plupart du temps, seule la génération d’Africains aux postes de décisions, c’est-à-dire des hommes d’âge moyen, est sollicitée pour trouver des solutions au changement climatique. CHERPAA considère que ce groupe seul ne peut pas aller plus loin, et que sa bonne volonté comme sa créativité ont désormais atteint un palier. Grâce à eux, à leur engagement aux niveaux continental et mondial, le monde s’est habitué à prendre en compte les enjeux climatiques. Il faut désormais se tourner vers d’autres personnes, celles à qui l’on demande rarement comment elles voient leur propre futur : les jeunes et les femmes.

 

Concernant la jeunesse, l’Afrique reste un continent jeune, dont la moitié de la population n’a pas 25 ans. C’est à la fois un défi et une chance, qui obligent à agir vite, mais qui impliquent aussi que, pendant la décennie qui vient, les 500 000 nouveaux entrants annuels sur le marché du travail auront sans doute de nouvelles idées et un dynamisme intact. Il est temps d’écouter la jeunesse et de soutenir leurs initiatives pour corriger certains des problèmes continentaux les plus urgents tels que l’énergie et le changement climatique.

 

Pour limiter la tentation des idées radicales, il importe de pouvoir compter sur une jeunesse éduquée et ouverte sur le monde. Dans un tel contexte l’enjeu est de savoir comment l’économie verte peut constituer une source d’emplois massive ?

 

Concernant les femmes, il est temps de bâtir des politiques publiques tenant compte du rôle essentiel joué par les femmes en Afrique. Aussi, la question de l’égalité de genre constitue un sous-jacent majeur auquel il convient de réfléchir.

 

Selon la Banque mondiale, la femme africaine est un atout pour engager le Continent sur la voie de la prospérité. L’économie verte peut-elle les aider à diversifier et perpétuer le développement du commerce africain ?

 

Concernant la diaspora, CHERPAA rappelle qu’elle dispose d’une épargne considérable, qui pourrait facilement couvrir les 50 milliards annuels nécessaires à la mise en place d’Infrastructure Africa 50.

 

Il est temps pour le diaspora de saisir l’occasion d’aider le Continent de manière substantielle. Trop souvent, les gouvernements et les organisations d’Afrique comptent plus ou moins ouvertement sur les transferts venus de la diaspora, sans laisser à ses membres la possibilité de s’engager réellement en faveur du développement.

 

Tables rondes & Intervenants

 

MATIN

9.30-11.30 : Conférence plénière: « Économie verte : quel rôle pour les jeunes et les femmes ? »

SEM. Emmanuel COHET, Ambassadeur de France en Zambie et représentant spécial auprès de la COMESA

  1. Alexio MUSINDO, Directeur du bureau de l’Organisation Internationale du Travail auprès de la Zambie, du Malawi and du Mozambique

Mme. Geraldine J. FRASER-MOLEKETI, Envoyée special de la BAD en charge de la question du genre (à confirmer)

 

APRES-MIDI

 

14.30-16.00 : Table-ronde n°2: « Une banque d’investissement de la diaspora peut-elle financer l’électrification du continent ? »

 

  1. Fabrice NZE-BEKALE, PDG de la Société Equatoriale des Mines (Gabon)
  2. Samba BATHILY, PDG de SOLEKTRA et co-fondateur de AKON LIGHTING AFRICA (Mali) (à confirmer)

Mr. Liévin FELIHO : Fondateur & Président de CHERPAA

 

17.00-18.30 : Table-ronde n°3: « Énergies renouvelables : Quelles opportunités pour les entreprises européennes et africaines (en particulier les PME) »

 

Mr Geoffrey SAKULANDA, Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Zambie

Dr. Frannie LEAUTIER, 1ère Vice-Présidente de la Banque Africaine de Développement (BAD)

 

Closing speeches

Mr. Liévin FELIHO : Fondateur & Président de CHERPAA

Dr. Frannie LEAUTIER, 1ère Vice-Présidente de la Banque Africaine de Développement (BAD)

Synthèse des travaux qui seront officiellement communiqués à l’Union Africaine et à la Banque Africaine de Développement avant la COP 22

recommandations

Concernant les jeunes

  1. Mise en place d’un service civique pour les jeunes Africains entre 18 et 25 ans (durée de 18 à 24 mois)
  2. Création d’une Silicon Valley africaine dans chaque sous-région du continent
  3. Création d’école de la deuxième chance pour les jeunes chômeurs, les personnes travaillant dans l’économie informelle ou celles n’ayant pu bénéficier de formation initiale – ces cours devraient améliorer leur alphabétisation, leur apporter une expertise de base en TIC, agriculture ou économie verte
  4. Organisation d’un système d’échange pour les étudiants présélectionnés entre les universités africaines (comme le système Erasmus en Europe)
  5. Aider au retour de jeunes chercheurs africains vivant dans le monde grâce à des « Instituts de Recherche et Développement » à créer dans chaque sous-région

Concernant les femmes

  1. Aider les femmes à acquérir des compétences pertinentes notamment dans le domaine des technologies vertes
  2. Adapter les systèmes sanitaires à ce que les femmes africaines vivent réellement
  3. Aider les femmes à bénéficier de formations de la deuxième chance pour ceux qui en ont besoin, qu’ils travaillent dans l’économie formelle ou informelle
  4. Promouvoir l’égalité de genre

Concernant la diaspora

  1. Favoriser la creation d’une banque d’investissement de la diaspora