cherpaa presidentDu pays des lumières, éclairer l’avenir

Quelques jours après l’adoption officielle des 17 objectifs de développement durable (ODD) qui remplacent les objectifs du millénaire pour le développement (ODM) par les États membres de l’ONU, CHERPAA organisait son colloque annuel à Paris sur le thème « Réchauffement climatique et développement en Afrique ». L’organisation de cette rencontre venait compléter celle de notre colloque de 2014 consacrée à la coopération décentralisée à la voix de la société civile africaine et euro-africaine.

Ce colloque qui a eu lieu les 2 et 3 octobre 2015 à l’Assemblée Nationale française a permis de décerner la première édition du prix CHERPAA de « l’Engagement Humaniste » au dernier Président de la République d’Ethiopie SE. M. Girma WOLDE-GIORGIS (2001-2013) en hommage à son action inlassable en faveur de la protection de l’environnement.
Si l’organisation de la prochaine conférence des Nations Unies sur le changement climatique vise à parvenir à un accord universel et contraignant permettant de lutter efficacement contre le dérèglement climatique et d’impulser/d’accélérer la transition vers des sociétés et des économies résilientes et sobres en carbone, cet événement ne peut être déconnecté, concernant l’Afrique, de l’enjeu du développement. Il s’agissait donc, dans ces conditions, d’identifier les priorités portées par la société civile africaine et de formuler, comme c’est le rôle de notre think tank, des recommandations à l’attention des pouvoirs publics.
Au titre de l’identification des priorités, nous avons pris le parti de donner la parole à une palette particulièrement élargie d’experts, de décideurs publics, de dirigeants d’ONG et de représentants d’entreprises africaines ou européennes. Cette méthodologie a permis d’évoquer avec rigueur des sujets divers et connexes à la fois, tels que la jeunesse, la pauvreté, l’éducation, le terrorisme, l’autosuffisance alimentaire, l’émergence de la société civile, la protection sociale, la santé, la recherche, la coopération Nord-Sud et bien sûr le réchauffement climatique.
Au titre des recommandations, nous avons tenté en premier lieu de formuler des propositions susceptibles de porter, même à travers la mise en place d’organismes divers, une amélioration concrète au quotidien des Africains et tout particulièrement de la jeunesse et des femmes.
La COP 21 que nous voulons doit permettre à l’Afrique d’éviter le piège de la main tendue qui consisterait à ne pas dépasser la question du transfert de compétences pour oser porter et assumer celle de la recherche technologie. Une autre forme de ce piège consisterait à se contenter de la seule formulation des promesses des pays riches, sans tenir compte des contraintes qui pèsent sur leurs finances publiques. Le Fond Vert est certes un outil utile, encore faut-il qu’il soit viable.
La COP que nous voulons ne doit pas constituer le cimetière des très nombreuses contributions transmises par les pays africains mais doit consister à permettre de favoriser le développement en Afrique via une économie verte source de croissance inclusive. Ce faisant, elle contribuerait à réduire ce que l’économiste Joseph STIGLITZ appelle « la grande fracture » et permettrait de remettre l’Homme en cœur du développement. L’énergie et les initiatives engagées par la France, partenaire précieux, laissent penser que l’Afrique pourrait réussir sa COP 21 si elle était unie. Le pays des lumières pourrait-il être de ce fait, le berceau d’un avenir nouveau pour le continent africain ?

Liévin FELIHO

Président de CHERPAA